Il fut un temps où ce château faisait rêver. Construit à la fin du XIXᵉ siècle, agrandi au début du XXᵉ, il avait récemment trouvé un nouveau propriétaire et un ambitieux projet de restauration semblait lui promettre une seconde vie. Aujourd'hui, le silence a repris ses droits et le temps poursuit lentement son œuvre.
Pour l'atteindre, il faut s'enfoncer dans une forêt dense, croiser le regard furtif d'un cerf, traverser une vaste prairie envahie par les hautes herbes, contourner l'imposante bâtisse et croire un instant que toute entrée est impossible. Puis, une fenêtre entrouverte, perchée à près de deux mètres du sol, révèle enfin le passage.
À l'intérieur, chaque pièce raconte encore une histoire. Le parquet en point de Hongrie craque sous les pas. Le grand escalier conserve son long tapis rouge, témoin d'une époque plus fastueuse. Dans un salon, une baignoire sur pieds semble attendre des occupants qui ne reviendront jamais. Plus loin, une simple casserole suspendue dans la cuisine rappelle que la vie s'est arrêtée ici presque du jour au lendemain. Au-dessus de la porte d'entrée, le lion ailé de Saint-Marc veille toujours sur les lieux, comme le dernier gardien de cette demeure oubliée. Entrez discrètement afin qu’il ne vous entende pas.





























